publicité
Publicité
Accueil finance Les placements à court terme de l’entreprise

Les placements à court terme de l’entreprise

Publicité

Le trésorier doit placer les excédents de trésorerie en essayant de concilier sécurité, rentabilité et liquidité.

La sécurité concerne le risque en capital qui doit être écarté. Ainsi, les titres de créances négociables sont moins risqués que les obligations, elles-mêmes plus sûres que les actions.

Le risque de taux est engendré par une hausse des taux en cas de placement à fixe et une baisse des taux en cas de placement à taux variable.

La rentabilité des placements à court terme à taux est fonction des intérêts perçus et de la plus-value réalisée.

La liquidité du placement est également à prendre en considération. Elle concerne la possibilité de disposer rapidement des fonds pour faire face à des imprévus.

En fonction de ces critères, le trésorier choisit le meilleur placement qu’il peut se procurer auprès d’un intermédiaire financier directement sur le marché, ou auprès d’autres tiers.

Les produits bancaires avec blocage de fonds

Les comptes à terme

Ces comptes concernent des dépôts rémunérés et bloqués pour une durée de 1 mois minimum sur un compte alors dit « compte à terme » proposé par un établissement de crédit. Ce placement ne présente pas de risque en capital car les dépôts sont remboursés à l’échéance.

En contrepartie, ils sont indisponibles pendant la période contractuelle, sauf pénalités de sortie. Le calcul des intérêts est réalisé à partir de jours exacts sur 360 jours et les intérêts sont versés à l’échéance. On notera que la Cour européenne de justice a levé l’interdiction de rémunérer les comptes espèces en octobre 2004 et que les comptes à terme (ou bloqués) sont ainsi en concurrence avec la rémunération possible des comptes espèces. Cependant, peu de banques pratiquent cette rémunération et les comptes à terme sont de toute façon plus rémunérateurs.

Exemple d’application

Les placements à court terme

Les bons de caisse

Les bons de caisse sont des titres non négociables émis par les banques, représentant une créance à court ou moyen terme entre 1 mois et 5 ans rapportant des intérêts. Les revenus sont imposés sous forme de retenue à la source. Ces placements sont quasiment identiques aux dépôts à terme, mais peu utilisés à cause de leur traitement administratif plus contraignant. Ils ne sont pas plafonnés. Les plus connus sont les bons de Caisse d’épargne.

Les euro dépôts bancaires

Il s’agit de placements à terme effectués auprès de banques non-résidentes par rapport au pays de la monnaie placée (ex. : placement effectué auprès d’une filiale d’une banque située aux États-Unis). Les eurodépôts bancaires sont utilisés pour des montants élevés dépassant le million d’euros.

Les placements sur les marchés

Les placements sur les marchés ont été facilités depuis 1985 par l’accès des entreprises aux marchés monétaire et de capitaux et à l’utilisation de produits nouveaux comme les titres de créances négociables (TCN) et de produits dits synthétiques (combinaison d’actifs physiques – obligation, dépôt à terme, etc. – et de contrats financiers).

Les valeurs mobilières

Les organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPCVM)

Les organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPCVM) comprennent les sociétés d’investissement à capital variable (SICAV) et les fonds communs de placement (FCP).

Les SICAV sont des sociétés anonymes dont l’actif est composé de valeurs mobilières (titres de créances négociables, obligations, actions, etc.) et d’une trésorerie.

Ces emplois sont financés par des ressources en capital qui varient selon les entrées et les sorties des souscripteurs dans la société.

Les FCP fonctionnent de la même façon mais n’ont pas la personnalité morale. Il s’agit de copropriétés de valeurs mobilières ou de créances titrisées, les fonds communs de créances (FCC), ayant pour contrepartie des parts nominatives.

Les fonds sont soit « fermés », soit « ouverts » :

  • dans les fonds « fermés », tout entrant (souscription) doit être remplacé par un sortant (rachat de parts) et vice-versa ;
  • dans les fonds « ouverts », les entrées et sorties sont libres et le capital varie en valeur et en quantité. Les entrées sont à l’origine des achats sur le marché et les sorties ont pour conséquence la vente d’actifs.

Les OPCVM sont sous le contrôle de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et leur valeur fluctue en fonction de la valeur de marché de leurs actifs. Ces organismes sont fiscalement transparents, ce qui signifie que les porteurs de parts sont imposés personnellement.

Ces OPCVM représentent une large gamme de produits pouvant être très diversifiés, parmi lesquels on compte des :

  • actions (françaises, actions de CEE, actions zone Euro, actions internationales) ;
  • obligataires et autres titres de créance ;
  • monétaires (billets de trésorerie, bons du Trésor, etc.) ;
  • diversifiées, indicielles (composition identique au CAC40 ou SBF120 ou Dow Jones Stoxx européen) ;
  • garanties (capital remboursé à l’issue d’une période bloquée pour des fonds fermés) ;
  • fonds alternatifs (alternatifs aux actions et obligations, soit sur marchés dérivés : marchés sur lesquels s’échangent des produits évoluant de la même façon que les actifs auxquels ils se réfèrent.

Les OPCVM permettent au trésorier d’entreprise de se décharger de la gestion du placement et de laisser le soin à des spécialistes de faire fructifier les fonds investis. Malgré des frais d’entrée et de sortie et des frais de gestion, ce type de placement permet de choisir le niveau de risque, de diversifier et est particulièrement accessible aux PME.

Les obligations

Les obligations sont des titres de créances susceptibles d’être cotés, rapportant un intérêt (le coupon) et généralement remboursables en fin de période (l’emprunt obligataire est alors dit « in fine ». L’annuité constante ou l’amortissement linéaire de cet emprunt sont de plus en plus rares.

Le trésorier s’intéresse aux placements financiers en obligations pour le faible risque en capital qu’ils présentent. Il existe une grande diversité d’obligations mais plus des deux tiers du marché obligataire sont couverts par des obligations d’État : les obligations assimilables du Trésor (OAT).

Les obligations assimilables du Trésor (OAT) sont le support de l’endettement à long terme de l’État. La maturité de ces titres est comprise entre sept et trente ans. La plupart des OAT sont à taux fixe et remboursables in fine. Mais le Trésor émet aussi des obligations à taux variable (OAT TEC 10 indexées sur le taux de l’échéance constante à 10 ans) et des obligations indexées sur l’inflation (OATi)

Les obligations à taux fixe sont soumises au risque de taux et ce risque est d’autant plus important que l’obligation est sensible ou que sa duration est longue. Autrement dit, le risque dépend des variations du cours de l’obligation par rapport aux variations des taux du marché d’une part et de sa maturité d’autre part puisque plus l’échéance est lointaine (duration longue), plus le risque d’une évolution défavorable est important.

Les actions

Les actions sont des titres de propriété octroyant des droits politiques, des droits pécuniaires et des droits patrimoniaux. Elles permettent ainsi de percevoir des dividendes et de réaliser une plus-value si la valeur de revente est supérieure à la valeur d’achat.

Les placements de trésorerie en actions sont réservés aux grandes entreprises ayant les ressources humaines capables de suivre attentivement les cours, d’anticiper, d’analyser et de se couvrir en conséquence car le risque de perte en capital est important à court terme. Les PME préféreront s’orienter vers des SICAV actions gérées par des spécialistes, tout en conservant une part de risque, et donc de rémunération, élevée.

Les contrats à terme

Les contrats à terme permettent de prendre un engagement (vente ou achat) sur un actif à un prix actuel et de réaliser l’opération (livraison de l’actif ou paiement de son prix) à une date d’échéance. Les contrats de ce type sont principalement utilisés pour permettre à l’entreprise de se couvrir contre un risque, mais ils peuvent s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de spéculation à la hausse ou à la baisse de l’actif sous-jacent qu’ils représentent.

Les titres de créances négociables (TCN)

Les TCN regroupent les bons du Trésor négociables (BTN), les certificats de dépôt négociables (émis par les établissements de crédit) et les billets de trésorerie (émis par les entreprises). Ils font l’objet de négociation sur un compartiment du marché monétaire ouvert à tous les agents économiques : le marché des titres de créances négociables. Les entreprises émettent ces titres pour se financer et les achètent pour placer leurs excédents.

Les titres sont émis à un prix d’émission (au moins 150 000 €) et sont ensuite négociés à leur valeur de marché, s’ils ne sont pas conservés par le premier investisseur. La valeur de marché correspond à leur cours qui peut être différent du prix d’émission et du prix de remboursement.

Les bons du Trésor négociables

Il existe deux catégories de BTN : les bons à taux fixe (BTF) et les bons du Trésor annualisés (BTAN).

Les Bons du Trésor à Taux Fixe (BTF)

Les Bons du Trésor à Taux Fixe (BTF) sont des créances à court terme négociables émises par l’Agence France Trésor pour financer les besoins de l’État à court terme. Ils servent à couvrir les fluctuations infra-annuelles de le trésorerie de l’Etat, qui découlent pour l’essentiel du décalage entre le rythme d’encaissement des recettes et celui du paiement des dépenses, et de l’échéancier d’amortissement de la dette.

Les BTF peuvent être acquis lors de l’émission (sur le marché primaire) ou après l’émission (sur le marché secondaire).

A l’émission, le taux des BTF est un taux de marché qui équilibre la demande des investisseurs et l’offre de l’Etat. Pour investir des fonds en BTF à l’émission, il faut participer à la fixation du taux en indiquant au préalable les volumes et les taux sur lesquels on désire s’engager.

Le trésorier doit communiquer à son intermédiaire financier, appelé Spécialiste en Valeurs du Trésor ou SVT, une échelle. Si le taux souhaité par l’investisseur est supérieur au taux d’émission retenu, celui-ci n’est pas servi. Si le taux souhaité par l’investisseur est
inférieur au taux d’émission retenu, celui-ci est servi, non au taux d’émission, mais au taux auxquels il a soumissionné. Il s’agit d’adjudications dites « à la hollandaise » ou « à prix demandé »

Les BTF ont des échéances de 13, 26 ou 52 semaines et servent des intérêts précomptés sur une base de 360 jours.

Exemple d’application

les bons du Trésor annualisés (BTAN)

Les bons du Trésor à taux fixe et à intérêt annuel (BTAN) représentent l’endettement à moyen terme de l’État lui permettant de financer le déficit budgétaire.

Les BTAN peuvent être acquis lors de l’émission (marché primaire) ou après l’émission (marché secondaire).

Le taux des BTAN est un taux de marché qui équilibre la demande des investisseurs et l’offre de l’Etat. Pour investir des fonds en BTAN à l’émission, il faut participer à la fixation du taux en indiquant au préalable les volumes et les taux sur lesquels on désire s’engager. Le trésorier doit communiquer à son intermédiaire financier une échelle.

Si le taux souhaité par l’investisseur est supérieur au taux d’émission retenu, celui-ci n’est pas servi. Si le taux souhaité par l’investisseur est inférieur au taux d’émission retenu, celui-ci est servi, non au taux d’émission, mais au taux auquel il a soumissionné. Il s’agit d’adjudications dites « à la hollandaise ».

Les BTAN sont remboursés à 2 ou 5 ans et servent un coupon annuel fixe sur la base d’un nominal de 200 000 €.

Les bons du Trésor sont peu risqués en capital (qualité de signature de l’État) et particulièrement liquides car très échangés. En contrepartie, le rendement est inférieur aux autres types de TCN.

Les certificats de dépôt

Un Certificat de Dépôt Négociable (CDN) est billet à ordre représentatif d’un dépôt à terme effectué auprès d’un établissement de
crédit résidant, habilité à recevoir des dépôts et assujetti aux réserves obligatoires par la Banque de France.

Le CDN représente un instrument de financement pour ces institutions et un moyen de placements de liquidités pour les investisseurs.

Les billets de trésorerie (commercial papers)

Ils peuvent être achetés pour effectuer des placements à court terme. Leur rémunération suit le taux du marché monétaire et les intérêts sont précomptés, c’est-à-dire perçus dès l’émission du titre pour l’investisseur.

Exemple d’application

Une entreprise place ses excédents de trésorerie et acquiert le 2 février pour 1 800 000 € de BTF, à l’échéance du 10 mars au taux de 3 %.

Selon la formule de l’escompte commercial, les intérêts calculés sont dits « en dehors ». Ils seraient de :

1 800 000 × 3 × 36 / 36 000 = 5 400 €, soit une valeur actualisée commerciale de

1 800 000 – 5 400 = 1 794 600 €.

Dans la pratique, le calcul est réalisé avec des intérêts précomptés dits « en dedans ».

L’entreprise doit régler le 2 février le montant suivant (valeur actualisée rationnelle « a′ ») :

a′ = (36 000 × C ) / (36 000 + tn)

a′ = (36 000 × 1 800 000) / [36 000 + (3 × 36)] = 1 794 616,15 €.

Car l’escompte rationnel est de :

e′ = Ctn / (36 000 + tn)

e′ = (1 800 000 × 3 × 36) / [36 000 + (3 × 36)] = 5 383,85 €.

Le placement auprès d’autres entreprises

Le placement des excédents peut être effectué auprès d’autres entreprises essentiellement sous deux formes : le règlement de factures par anticipation et les avances en compte courant à des sociétés liées.

L’obtention d’escompte pour règlement comptant

Les excédents de trésorerie peuvent être placés en réglant un fournisseur par anticipation moyennant escompte. Ce type de placement s’inscrit dans la logique du crédit interentreprises et s’avère financièrement intéressant pour celui qui en bénéficie. La contrainte réside dans le blocage des fonds car, une fois le fournisseur réglé, il n’est plus possible de récupérer les fonds versés.

Les avances en compte courant auprès de sociétés liées

Au sein des groupes de sociétés, il est fréquent que les entreprises ayant des excédents, ou gérant la trésorerie pour le groupe, effectuent des avances en comptes courants d’associés aux sociétés désirant se financer à court terme. Ces avances sont rémunérées et constituent une forme de placement à court terme car les sommes avancées peuvent être retirées à tout moment.

Exemple d’application

L’entreprise X prévoit un excédent de trésorerie de 80 000 € pendant 12 jours. Est-il préférable de placer ces excédents sur un compte à terme dont le taux de rendement annuel est estimé à 4 %, ou de régler avec 60 jours d’avance un fournisseur pour 71 760 €, contre escompte de 1 % ?

Le compte à terme ne présente pas de risque en capital et assure un rendement de 4 % annuel. Pour comparer avec l’escompte obtenu du fournisseur, on doit calculer le taux annuel de l’escompte obtenu.

Si le paiement avait lieu dès la facturation, l’entreprise verserait :

71 760 – (71 760 × 1 %) = 71 042,40 €.

Le taux de placement serait de : 71 042,40 × t × 60/36 500 = 717,60

t = 6,14 %

Le taux d’escompte obtenu est supérieur de 2,14 points au rendement du compte à terme.

Il est donc préférable de régler le fournisseur. Notons que les fonds sont indisponibles pendant 1 mois minimum sur le compte à terme et 2 mois avec le fournisseur. L’entreprise doit être sûre de ne pas avoir besoin de ses fonds entre-temps.

Publicité

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Quitter la version mobile